LA QUALITÉ DE L'AIR DANS LES ESPACES SOUTERRAINS FERROVIAIRES DE LA RATP
» Les dispositifs de surveillance
La surveillance repose en premier lieu sur le respect des conditions d’hygiène et de propreté des espaces de la RATP, tant pour les voyageurs que pour le personnel. Une surveillance sanitaire, cofinancée par la Ville de Paris, est ainsi menée depuis 1982 par le Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris. Il s’agit d’apprécier les niveaux de monoxyde de carbone, de dioxyde de carbone indicateur du renouvellement d’air, mais aussi de réaliser des dénombrements totaux de bactéries, témoins de la qualité du nettoiement des espaces souterrains. Ce travail représente près de 560 échantillons prélevés par an dans le réseau souterrain (quais, couloirs de correspondance et rames de métro et de RER) et donnant lieu à plus de 3 500 données brutes par an.
Cette surveillance est complétée en second lieu par des mesures, en continu, de différents paramètres climatiques usuels (température, humidité relative), de renouvellement d’air (dioxyde de carbone) et de qualité de l’air (oxydes d‘azote, particules) dans 3 stations représentatives des espaces souterrains de la RATP. Ce réseau de surveillance exploité par le laboratoire de la RATP est opérationnel depuis 1997 et produit automatiquement plus de 200 000 données brutes par an. |
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L’ensemble des protocoles expérimentaux a fait l’objet de validation par un comité scientifique d’experts (INRS, CSTB, LCPP, CENBG, SNCF…) piloté par l’ADEME, l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.
Par ailleurs, la surveillance d’autres paramètres, tels que les particules ultrafines, les aldéhydes, les hydrocarbures aromatiques monocycliques ou polycycliques…, est réalisée dans le cadre de campagnes ponctuelles, menées à l'initiative de la RATP.
Enfin, une bonne compréhension des phénomènes de remise en suspension des particules et de leur répartition géographique en station est recherchée, grâce notamment à des systèmes innovants de mesure tels que le lidar (mesure optique basée sur l'analyse des propriétés d'une lumière laser renvoyée vers son émetteur).
» Les résultats obtenus
L’ensemble de ces mesures témoigne de conditions thermohygrométriques satisfaisantes, à savoir un environnement souterrain chaud et sec, d’un bon renouvellement d’air de nos espaces (4 à 40 renouvellements d’air par heure) et d’une pollution gazeuse, sous l’influence de la qualité de l’air extérieur (source d’oxydes d’azote), réduite.
Sur l’année 2006, la contamination bactérienne a varié entre 1 880 et 4 900 UFC/m³ (UFC : unité formant colonies), ce niveau ne différant pas de celui de l’année 2005. Les résultats 2007 seront connus mi-2008.
Des niveaux élevés de particules (PM10, particules de diamètre inférieur à 10 µm), qui constituent une spécificité ferroviaire, sont en revanche observés dans les différents espaces souterrains. Les profils journaliers des teneurs en PM10 se juxtaposent à ceux du trafic et évoluent peu d’un jour ouvré à l’autre. Les profils de week-end font apparaître des valeurs légèrement plus faibles. Émises pour l’essentiel par les systèmes de freinage historiques des matériels roulants, ces particules sont principalement métalliques.
» Le cadre de référence
Alors que, dans l’environnement extérieur, il est possible de se référer à la fois aux critères nationaux de qualité de l’air ou encore aux normes européennes, la qualité de l’air dans les milieux intérieurs (espaces ferroviaires, écoles, crèches, cinémas…) est encore peu réglementée. Néanmoins, pour faire face à l’enjeu sanitaire que représente la qualité de l’air intérieur et apporter aux pouvoirs publics des éclairages utiles à la gestion de ce risque, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) s’est autosaisie en octobre 2004 en proposant la mise en place d’un groupe de travail afin d’élaborer des valeurs guides fondées exclusivement sur des critères sanitaires. Des valeurs guides ont ainsi été proposées en 2007 pour le monoxyde de carbone et le formaldéhyde, valeurs respectées dans les espaces RATP.
En ce qui concerne le dioxyde de carbone, la valeur guide de 1 000 ppm (parties par million), à laquelle se réfère la RATP, est extraite des données du règlement sanitaire départemental type.
Les valeurs de référence du code du travail sont respectées dans les espaces souterrains. Pour les PM4 (particules de diamètre inférieur à 4 µm), la valeur moyenne d'exposition (VME) sur 8 heures est de 5 000 µg/m³, 5 jours par semaine.
Enfin, le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France a émis, en mai 2001, un avis relatif à l’élaboration de valeurs guides de qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires souterraines. Ces valeurs guides concernent les PM10 et reposent sur un principe de décroissance annuelle entre 2000 et 2005 résultant de la prise en compte des valeurs limites journalières en PM10 de la directive européenne. Pour une exposition d'une heure, la valeur guide ainsi calculée pour 2005 est de 671 µg/m³. Il n'y a pas eu d'avis modificatifs depuis.
» Vers une évaluation des risques et la recherche de pistes d’amélioration
La caractérisation de l’impact sanitaire de l’exposition à la qualité de l’air des espaces souterrains passe par des études spécifiques. La RATP participe donc à des études d’exposition des voyageurs lors de leurs déplacements sur des parcours type en région Île-de-France (projet Primequal-predit mené en partenariat avec le Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris et le Laboratoire Central de la Préfecture de Police).
Des études de santé au travail sont d'autre part réalisées en partenariat avec
l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), l’Institut de veille sanitaire (InVS), l’Institut Interuniversitaire de Médecine du Travail de Paris-Île de France, le service de pneumologie de l’hôpital Bichat et le Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil, qui constituent le comité scientifique. Ces études sont en cours.
Enfin, des actions d’amélioration de la qualité de l’air sont entreprises en agissant notamment sur la ventilation, le nettoyage et la maximalisation du freinage électrique au fur et à mesure du renouvellement de matériels roulants métro et RER. Ainsi, par exemple, le projet ventilation prévoit la création de 16 ouvrages de ventilation sur le réseau métro et 2 sur le réseau RER, ainsi que le renforcement de 91 ventilateurs existants. Pour le matériel roulant, le programme de renouvellement en cours commence dès 2008 par le renouvellement des matériels de la ligne 2, puis 5 et 9 par le MF2000. Le matériel MP05 qui sera livré sur la ligne 1 engage le programme de renouvellement du matériel MP59 de la ligne 4.
» Se comparer pour s'évaluer
Autres réseaux ferrovaires :
La RATP s’est rapprochée d’autres réseaux ferroviaires étrangers (Stockholm, Londres...), via l’Union internationale des transports publics, afin d’échanger sur le sujet spécifique de la qualité de l’air et des axes de progrès possibles. En complément de ces échanges, une synthèse des travaux menés sur d’autres réseaux français (Lyon, Toulouse, Rennes, Lille) a été réalisée. Elle permet de montrer des niveaux comparables à ceux mesurés sur le réseau parisien.
Ainsi à titre d’exemple, des études menées sur les réseaux de métro toulousain et lyonnais font apparaître des valeurs maximales horaires en PM10 comprises entre 200 et 500 µg/m³. Sur le réseau souterrain londonien, les mesures ponctuelles en PM10 font apparaître des teneurs variant entre 500 et 1 120 µg/m³.
Autres milieux intérieurs :
Les travaux de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) et d’Airparif sur l’exposition des personnes dans leur logement ou encore dans l’habitacle automobile permettent par ailleurs de comparer les niveaux d’exposition dans les différents milieux. Ainsi, des niveaux de NO2 relevés sur le boulevard périphérique le 18 mai 2007, jour de trafic fluide, sont compris entre 110 et 260 µg/m³ à l’intérieur du véhicule, tandis que dans le même temps ils s’échelonnent entre 40 et 520 µg/m³ à l’extérieur du véhicule. Sur le réseau RATP, les données NO2 mesurées le 18 mai 2007 (3 stations du réseau SQUALES) varient entre 20 et 90 µg/m³.
Les résultats de l’enquête logement font par ailleurs apparaître des niveaux en PM10 variant entre 2 et 522 µg/m³ (percentile 90 de 113,4 µg/m³) pour les 290 logements français soumis à cette mesure entre 2003 et 2005.
Mise à jour : déc. 2008
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